Jeudi 27 août
Methoni et sa forteresse vénitienne ! Chaque navigateur rencontré sur notre route nous ventait cette citée fortifiée située dans l’extrême sud ouest du Péloponnèse. Et ils avaient bien raison, tous, car elle nous a charmés dès notre arrivée ce matin. La baie tout d’abord, très bien protégée par le cap Soukouli flanqué de sa tour hexagonale construite par les turques et par la digue du port antique. La petite place ombragée ou s’écoule la vie tranquille des habitants qui discutent aux terrasses des tavernes devant l’incontournable verre d’ouzo. Et puis cette citadelle entourée de ses remparts infranchissables, cernés côté est par un vaste fossé et par une haute falaise côté mer. Une partie du fort a été restauré et une autre est en court. En Grèce, en court signifie « en attente de poursuite des travaux depuis quelques années ! » Les échafaudages mangés par la corrosion sont en place depuis très longtemps… La visite est néanmoins impressionnante. En prime, ce soir, les ruines se sont habillées d’éclairages oranges et jaunes du plus bel effet… On ne pouvait pas rêver mieux pour inaugurer une nouvelle recette de tartare de poisson à la crème d’oursin. Un véritable régal…un grand secret aussi…
Dimanche 30 août
En escale depuis trois jours dans la baie de Navarinou, nous jetons l’ancre une nouvelle fois dans le nord ouest du golfe. Cette indentation complètement fermée est une véritable petite mer intérieure. Seule la marina de Pilos, dans le sud, est décevante. Eloignée de la ville et encombrée de bateaux ventouses, nous n’y avons passé qu’une seule nuit.
La citée de Pilos quand à elle, est des plus agréable. Sa grande place centrale, ombragée de gigantesques platanes plus que centenaire, est le lieu de vie des habitants de tout âge. Une ambiance chaleureuse, gaie et vivante. Alors que nous rentrons dans une boutique de matériel nautique, le patron nous propose immédiatement un petit rafraîchissement maison à base d’orange. Nous repartons avec un nouveau tendeur pour mon fusil arpon et…une bouteille d’huile d’olive artisanale gracieusement offerte ! Un geste de sympathie purement gratuit de sa part. Il sait que nous sommes marins de passage et qu’il ne nous reverra sans doute jamais. J’aime de plus en plus ce pays, j’aime de mieux en mieux ses habitants. Que de leçons nous auront ils données à nous, les « biens pensants ».
Nous assistons une nouvelle fois au coucher du soleil sur la lagune qui ferme l’étroit passage qui sépare le golfe de la mer. En extérieur, la houle vient se briser sur les rochers. Nous sommes bien et cette nuit sera sereine, sans aucun doute.
Mercredi 2 septembre.
Cette fois, la boucle est bouclée ! Demain, nous serons au port de Zakintos d’où nous étions partis en juin 2008 pour gagner le golf de Patras et rejoindre la mer Egée. Que de milles parcourus depuis, que de souvenirs, que d’îles visitées, que de belles rencontres faites !
La dernière en date, c’est Olivier (encore un), découvert ici, dans ce port de Katakolon. Un résident italien de nationalité belge, parti cette année d’Italie pour quelques années sabbatiques à bord de son « rêve de Polynésie », un ancien mais très beau bateau de voyage. Fraîchement débarqués après une longue navigation commencée très tôt hier matin depuis Marathoupolis, nous sympathisons rapidement devant une bière qu’il nous propose de prendre à bord de son voilier en compagnie de son frère. Des informations mutuelles échangées, nous prendrons le train le lendemain pour Olympe. Olympe la mythique, l’originelle, la mère de tous les sports. Située à une cinquantaine de kilomètres du port de katakolon, cette incursion dans les terres par le rail est une première pour nous. La rame est flambant neuve, et les passagers composés d’un mélange de touristes et d’autochtones, les uns allant à Olympe, les autres au marché de Pirgos, grande bourgade à mi chemin. Nous sommes étonnés du nombre de coup de sirène que le conducteur lance au milieu de cette campagne maraîchère. La réponse nous est donné par Olivier : ici, les passages à nivaux ne sont pas protégés ! Un simple panneau « stop » aux intersections…
Quand au site d’Olympe, s’il n’a rien d’extraordinaire par la grandeur de ses monuments historique, il y règne une atmosphère particulièrement magique. Ici sont nés les jeux olympiques dans le même esprit de partage et de fraternité qu’ils le sont encore aujourd’hui, mais sans le poids économique actuel qui les entachent de mercantilisme et d’hypocrisie. Je pense notamment aux derniers en date et je ne peux oublié qu’ici même, des membres de Reporters sans frontière ont été arrêtés pour avoir oser déployer une banderole sur laquelle les anneaux olympiques étaient représentés par des menottes, lors de la cérémonie de départ de la flamme. Un an plus tard, que reste il des promesses des autorités chinoises d’ouverture et de liberté ? L’ombre de la honte qui a planée sur ces jeux a assombri le paysage olympique pour toujours.
Le musée archéologique du site est l’un des plus beaux et des plus intéressant que nous ayons visité…
Samedi 5 septembre
Nous découvrons un lieu que nous ne connaissions pas malgré notre précédent passage dans le secteur l’année dernière. Il s’agit d’Argostoli sur l’île de Céphalonie. Nous y sommes arrivés ce matin après quelque heures de navigation depuis Zakintos. Située dans le sud ouest de Céphalonie, cette ville qui en est la capitale, est cachée au fond d’un profond fiord, protégé par une pointe érigée d’un phare de style dorique, une particularité de cette île.
La ville, bien que d’architecture récente, est harmonieuse et plutôt sympathique. Entièrement détruite par un tremblement de terre en 1953, elle fut reconstruite au même endroit dans un cadre agréable de verdure. Un marché s’y tient tous les jours et des pêcheurs vente leurs poissons directement sur le quai. Des tortues marines viennent quémander les invendus à la grande satisfaction des touristes qui les mitraillent de photos. Il faut dire que ces tortues ne sont guère farouches. Se frottant contre le quai et les coques des bateaux, leur carapace est couverte de résidu de peinture de toute couleur…
C’est ici que nous ferons nos adieux à la Grèce, et traverserons la mer Adriatique pour rejoindre le sud de l’Italie. Les conditions météorologiques semblent favorable pour mardi prochain. Deux cents milles nautiques nous attendent, une quarantaine d’heures sur la mer. Pas grand chose, mais une première pour nous…
Samedi 15 août
Jeudi 23 juillet
tre ancre chaque soir pour un coucher de soleil toujours différent, mais immanquablement merveilleux!!! C'est justement là que notre appareil photo nous lâche...